Au Québec, les agriculteurs, et particulièrement les producteurs laitiers, font partie d’un des groupes de travailleurs les plus à risque. Selon différentes études menées dans la province et ailleurs dans le monde, le stress, la précarité financière, les horaires de travail chargés, l’isolement et bien d’autres réalités auxquelles font face les producteurs causent leur lot d’effets indésirables. En effet, les agriculteurs sont surreprésentés en matière de détresse psychologique en occident. Cette problématique alarmante justifie donc le besoin d’agir et d’élaborer des recherches en matière de bien-être au travail en agriculture.

Un bon nombre d’études réalisées dans les vingt dernières années ont montré que certains stresseurs liés au travail d’agriculteur (p. ex., la surcharge de travail, l’incertitude de la météo, les accords commerciaux, etc.) avaient un impact négatif sur la santé psychologique, laquelle peut être définie comme un « état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, faire face au stress normal de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. » Toutefois, très peu d’études se sont intéressées à la manière par laquelle ces stresseurs impactent la santé psychologique. Autrement dit, la communauté scientifique connait bien le « quoi », mais peu le « comment».

Face à ce constat, c’est exactement l’angle qu’a pris la présente recherche. D’abord, similairement à ce qui avait déjà été fait dans d’autres études, la recherche a visé à valider l’impact de la surcharge de travail, de la solitude, des difficultés financières, de l’autonomie et des obligations légales directement sur la santé psychologique des agriculteurs. Ensuite, après avoir fait un tour de la littérature scientifique portant sur la santé psychologique des travailleurs, il semblait tout à fait plausible de penser que la fatigue pouvait être un élément explicatif de celle-ci chez les producteurs agricoles. Ainsi, à la manière d’une réaction en chaîne, cette recherche a posé l’hypothèse voulant que certains stresseurs du monde agricole allaient être liés à l’apparition d’une fatigue chronique chez les travailleurs, laquelle allait ensuite impacter négativement leur santé psychologique. 

Voilà l’introduction du rapport de recherche « Santé psychologique des agriculteurs du Québec : L’impact de la fatigue », menée par Didier Dolbec, D. Ps., doctorant en psychologie de l’Université de Sherbrooke, étude menée au cours de l’hiver 2020 auprès de quelques centaines de producteurs laitiers québécois.

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