Qu’il s’agisse de travail au champ ou de tâches nécessitant un certain niveau d’effort physique, la température est importante et certaines situations peuvent comporter des risques pour les travailleurs, par exemple en période de canicule. Si en plus il s’agit de la première canicule de l’année, notre corps n’est pas encore acclimaté à la chaleur et le risque est alors plus grand. Les travailleurs qui reviennent d’une période prolongée de repos ou de vacances et ceux nouvellement embauchés peuvent même être désacclimatés.

Un travailleur peut toutefois devoir accomplir ses tâches dans des conditions thermiques qui peuvent s’avérer problématiques sans qu’il s’agisse forcément d’une période caniculaire. On croit souvent – à tort – qu’il suffit de se fier au thermomètre pour avoir l’heure juste. Or, la température n’est pas l’unique indicateur de confort thermique ou de stress thermique(1). En effet, des facteurs environnementaux (température de l’air, la température du rayonnement, la vitesse de l’air, l’humidité) et personnels (l’isolation par les vêtements, la chaleur métabolique) doivent être pris en compte.

Le dépliant Travailler à la chaleur, attention!, publié par la CNESST et le ministère de la Santé et des Services sociaux, permet d’évaluer rapidement le risque de subir un coup de chaleur et préconise les mesures de prévention suivantes :

  • Boire de l’eau fraîche en quantité suffisante à la fréquence indiquée dans le tableau, même lorsque l’on n’a pas soif!
  • Porter des vêtements légers, de couleur claire et de préférence en coton pour favoriser l’évaporation de la sueur;
  • Se couvrir la tête pour travailler à l’extérieur;
  • Étourdissements? Vertiges? Fatigue inhabituelle? Cesser le travail immédiatement et prévenir sans tarder le secouriste et le superviseur. Ces malaises peuvent annoncer un coup de chaleur;
  • Redoubler de prudence en cas de prise de médicaments, en cas de problèmes de santé ou lorsqu’on a été malade récemment (diarrhée, fièvre, vomissements);
  • Rapporter au secouriste et au superviseur tout comportement anormal d’un collègue;
  • À mesure que le risque augmente :
    • Ajuster le rythme de travail en conséquence;
    • Prendre des pauses, de préférence à l’ombre ou dans un endroit frais.

L’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) a mis en ligne trois outils-diagnostics issus du dépliant Travailler à la chaleur, attention! en vue de supporter la prise en charge de ces contraintes thermiques de même que des risques associés aux périodes de grande chaleur en milieu de travail. Destinés aux divers intervenants en santé et en sécurité et aux personnes qui sont appelées à travailler tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, ces outils numériques permettent :

  • Le calcul de la température de l’air corrigée;
  • Le calcul de l’alternance travail-repos selon le RSST;
  • Le calcul de l’alternance travail-repos selon l’ACGIH®.

Pour d’autres informations sur les coups de chaleur et les différentes contraintes thermiques : https://www.santesecurite.upa.qc.ca/sante-et-securite/documentation. Une affiche informative en espagnol est également disponible.

Voir également le communiqué de presse de la CNESST du 7 juin 2019 sur les risques lors d’un épisode de grande chaleur ainsi que les conclusion de son enquête à la suite du décès d’un travailleur, en juillet 2018, des suites d’un coup de chaleur.

(1) Le stress thermique se produit lorsque les moyens de contrôle de la température interne du corps commencent à tomber en panne. Outre la température de l’air, des facteurs tels que la cadence de travail, l’humidité et les vêtements portés pendant le travail peuvent entraîner un stress thermique. C’est ainsi que le corps réagira à la chaleur en augmentant le flux sanguin vers la surface de la peau et en transpirant. Il en résulte un refroidissement, car la sueur s’évapore de la surface du corps et la chaleur est transportée de l’intérieur vers la surface du corps par l’augmentation du flux sanguin (source : http://www.hse.gov.uk/temperature/heatstress/index.htm).